
16.06.2026
Les élites technologiques et la révolution silencieuse du pouvoir
Professor Klaus Schwab
Fondateur et ancien président exécutif du Forum économique mondial
OPINION. L’innovation transforme les économies et les sociétés plus vite que les systèmes politiques ne peuvent réagir. Ce faisant, la démocratie n’est plus perçue comme un prérequis au progrès, mais comme un obstacle. Adapter le rôle de l’Etat en le rendant plus agile est nécessaire pour que l’innovation soit intégrée dans un ordre viable et légitime, écrit le fondateur du Forum économique mondial Klaus Schwab.
Nous n’assistons plus à une phase normale du développement technologique. Nous assistons à un transfert de pouvoir – subtil, mais profond. Loin de la politique et des institutions, vers ceux qui contrôlent l’innovation. Cette nouvelle élite expose rarement sa doctrine ouvertement. Pourtant, sa logique est indéniable. Des penseurs et entrepreneurs comme Peter Thiel l’expriment clairement: le monde est guidé par l’innovation. Ceux qui contrôlent l’innovation contrôlent l’avenir. Et ceux qui contrôlent l’avenir ne peuvent pas se permettre d’être ralentis par les processus lourds et contradictoires de la démocratie. Ce n’est plus une opinion marginale. Cela devient la nouvelle orthodoxie.
Les faits semblent lui donner raison. Nous sommes au cœur d’une révolution technologique exponentielle. L’intelligence artificielle, les biotechnologies, les plateformes numériques transforment les économies et les sociétés plus vite que les systèmes politiques ne peuvent réagir. L’innovation n’est plus linéaire. Elle est explosive. Et dans cette dynamique, la démocratie commence à paraître lente. Trop de voix. Trop d’objections. Trop de retards.